Monsieur Bourquin le lundi 25 novembre lors d’une réunion à laquelle nous n’étions pas invités intitulée « dialogue territorial en Languedoc-Roussillon » a déclaré que « Montpellier est la capitale de la région, comme Paris est la capitale de la France » et a même ajouté qu’il y avait une nécessité d’équilibre entre la capitale régionale et les territoires.
Au-delà de ce qui nous sépare et notamment de l’éthique qui devrait s’imposer aux élites politiques, au-delà du clientélisme éhonté auquel s’adonne le président de région, nous sommes assez d’accord avec lui sur cette nécessité du rééquilibrage entre territoires et d’une cohésion plus efficace avec la capitale régionale.
Simplement, nous y ajoutons quelques correctifs car entre les intégristes régionaux et les catalanistes intégristes, il y a une autre voie…
D’abord, regarder mieux vers Montpellier ce n’est pas rompre avec nos amis espagnols, mais ce n’est pas non plus tomber dans un catalanisme béat et obligatoire. Les évènements de la Catalogne Sud sont inquiétants à plus d’un titre.
Etre catalan, ce n’est pas simplement défendre un label publicitaire pour favoriser le commerce et s’inscrire dans un pur schéma économique mondialiste et financier.
L’identité de notre Roussillon, c’est d’abord un enracinement qui ne doit pas servir à briser l’Etat-National mais à le renforcer.
Défendre une spécificité culturelle, c’est défendre une conception de la vie, un système de valeurs, des traditions pluriséculaires, un patrimoine magnifique qui constituent notre unité nationale et républicaine française. Notre slogan résume parfaitement notre approche : catalan d’accord, mais français d’abord !
De ce point de vue là, il est curieux de constater que les catalanistes qui défendent « l’indépendance » au nom du droit du sang (je rappellerai simplement cette phrase d’un catalaniste local : « Nous voulons être reconnus comme un territoire où l’on parle catalan avec une identité propre qui n’est pas juste les couleurs de clubs de rugby mais le sang qui court dans notre corps ! ») sont les mêmes qui hurlent avec la meute antiraciste lorsque nous nous battons contre les conséquences de l’immigration sauvage, le communautarisme et l’insécurité.
Ensuite, regarder vers Montpellier ne doit pas nous empêcher de nous rapprocher du bassin d’excellence toulousain où une complémentarité pourrait être trouvée entre la filière aéronautique et la sous-traitance et où un approfondissement des relations universitaires doit être recherché. Des relations existent déjà et des projets émergent. Ils doivent être soutenus et ne demandent qu’à se développer. Ajoutons à cela notre appartenance méditerranéenne et notre rôle dans l’avenir de ces relations.
Rééquilibrer ne veut pas dire centraliser, car une centralisation imposée par Montpellier serait aussi néfaste qu’une centralisation imposée par les tenants du « barcelonisme » à outrance, sans parler des rêveurs d’une indépendance dangereuse. De ce point de vue là, la bipolarité entre la Catalogne espagnole et Perpignan prônée par certains leaders locaux relève au mieux de la bonne intention, au pire de l’utopie mégalomaniaque. Des termes aussi pompeux et vide de sens « qu’archipel » ou « quadrilatère » relèvent plus de la plaisanterie architecturale que des réalités historiques, économiques et humaines. Tout miser sur une Barcelone en crise aujourd’hui dans l’incertitude générale, tant d’un point de vue économique, institutionnel, humain ou politique est démagogique et dangereux.
L’avenir réside dans une décentralisation intelligente qui donne à tous les territoires les moyens de son développement en diversifiant les centres d’intérêts humains, industriels, commerciaux et géographiques. Elle passe aussi par un plus grand pluralisme des opinions au sein des assemblées délibérantes.
Quant à la défense de la culture catalane et roussillonnaise, elle doit participer à la défense des valeurs de notre civilisation et de notre république contre la communautarisation qui nous est imposée par une immigration incontrôlée.
Barcelone aujourd’hui joue la carte de l’indépendance contre le pouvoir central en profitant des difficultés liées à la crise et à une mauvaise gestion. De l’autre côté des Pyrénées, des personnalités rêvent de faire de même. Et pourtant ne sont-ils pas les mêmes qui gèrent nos territoires depuis cinquante ans et nous ont plongés dans la crise ? Il serait curieux de voir les politiques se défausser de leurs responsabilités en lorgnant sur les voisins catalans en espérant une aumône qui ne viendra pas en raison des graves difficultés que connaissent nos voisins.
Nous aurons l’occasion dans les mois qui viennent de défendre un projet économique et social novateur ancré dans des traditions, dans des valeurs, des réalités sociales et humaines, mais toujours dans la République Française.








